Weekend Santé : L’exemple du weekend santé à destination des femmes en Guyane

Les weekends santé sont des séjours de 2-3 jours regroupant une quinzaine de personnes et ayant pour objectif de renforcer les capacités individuelles et collectives des personnes séropositives au VIH et/ou à une hépatite et des personnes les plus exposées aux risques, à agir favorablement pour leur santé. Ces temps sont une alternance entre partages d’expérience, récits de vie et des temps d’information sur un sujet donné. Cette fiche de capitalisation s’appuie sur l’exemple du WES à destination des femmes des Caraïbes vivant avec le VIH pour répondre à la question suivante : Comment proposer un espace de renforcement de capacités à destination des femmes vivant dans les Outre-mers ?

17/02/2026

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Jean-François Laforgerie
Rédacteur en chef de Remaides et personne ressource WES
jflaforgerie@aides.org

Evenel Regis
Chargé de projet
eregis@aides.org

Présentation de l’intervention

Présentation de la structure

Créée en 1984, AIDES est la première association française de lutte contre le sida. Elle a été fondée par Daniel Defert qui proposait de disposer d’un « lieu de réflexion, de solidarité, de transformation ». Elle repose sur la démarche communautaire en santé[1], en plaçant les populations concernées au cœur de ses actions et projets, afin qu’elles retrouvent un rôle actif dans leurs choix et leur parcours en santé, de manière individuelle comme collective. Présente dans toute la France, AIDES s’inscrit aujourd’hui dans l’objectif de fin des épidémies du VIH et des hépatites.

Contexte

Les territoires d’outre-mer font face à des obstacles structurels importants en matière d’accès à la santé[2] : accès inégal aux droits, précarité économique, ou encore couverture médicale partielle du territoire. À cela s’ajoute une contrainte de mobilité, liée à l’isolement géographique et aux infrastructures vieillissantes.

Les Antilles et la Guyane sont les départements français les plus touchés par le VIH[3]. Les femmes d’outre-mer présentent des « déterminants de santé plus défavorables […] amplifiés en cas de vulnérabilité associée (migration, [travail du sexe], usage de drogues) »[4]. Ainsi, 52 % des nouvelles infections en Guyane concernent des femmes contre 30 % en France hexagonale[5]. La stigmatisation des personnes séropositives y est également plus marquée.

Il apparait essentiel de proposer des espaces d’échanges et de montée en compétences sur la question de la santé sexuelle et sur le VIH en particulier. C’est ce que vise le Weekend Santé (WES) à destination des femmes des Caraïbes.



[1] Pour une définition de la démarche communautaire cf. Rojas Castro, D., Le Gall, J. et Jablonski, O. « Améliorer la santé des personnes séropositives au VIH : SERONET, un nouvel outil de l’approche communautaire ». Santé Publique, 2009.

[2] Creusvaux, Hervé, « La santé dans les départements et collectivité d’outre-mer : réalités et perspectives », Actualités et Dossier en Santé Publique, juin 2015, n°9, Haute Autorité de la Santé Publique

[3] A l’exception de l’Ile-de-France. Idem & SPF, «  Bulletin national : surveillance du VIH et des IST bactériennes », 11 octobre 2024

[4] Creusvaux, Hervé, « La santé dans les départements et collectivité d’outre-mer : réalités et perspectives », Actualités et Dossier en Santé Publique, juin 2015, n°9, Haute Autorité de la Santé Publique

Sur le vécu femmes et VIH cf. Ghadi, Véronique. et al. « Les femmes migrantes, le VIH et la parole ». Plein droit, 2010/3 n° 86, 2010. p.24-27. CAIRN.INFO, droit.cairn.info/revue-plein-droit-2010-3-page-24?lang=fr.

[5] AIDES, Rapport d’activité, 2023.