Esat ta clope

En réponse à l’appel à projet du Fonds de lutte contre le tabac, deux partenaires ont pour la première fois construit ensemble une démarche de prévention tabac à destination des travailleurs et encadrants d’Etablissement et service d'aide par le travail (ESAT) et d’entreprise adaptée (EA) : l’association ALiA et l’Adapei 49.

Ces deux partenaires ont travaillé en complémentarité pour adapter au mieux les actions de prévention aux attentes des usagers et aux spécificités des activités des ESAT et EA, notamment liées à leur activité économique.

Pour chaque établissement impliqué dans le projet, des actions de formation de professionnels relais et des ateliers individuels et collectifs ont été proposés afin de sensibiliser aux enjeux du tabac et de proposer des orientations vers des consultations tabacologiques.

08/04/2022

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Simon Gwénaëlle
Coordinatrice de la formation, de la prévention vers les adultes et du développement partenarial
gwenaelle.simon@ALia49.fr

Auriau Annabel
Responsable Qualité Développement Adapei 49
aauriau@adapei49.asso.fr

Présentation de l’intervention

Présentation des structures

Le projet ESAT ta clope est porté par L’Association Ligérienne d’Addictologie, ALiA, en partenariat étroit avec l’ADAPEI 49.

ALiA est implantée sur le département du Maine-et-Loire et gère deux établissements, un Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention à l’Addictologie (CSAPA), comprenant une partie ambulatoire et une partie hébergement et un Centre d’Aide et d’Accompagnement à la Réduction des Risques pour les Usagers de Drogues (CAARUD). L’association compte environ 80 salariés. Son pôle Prévention travaille auprès de différents publics : les jeunes, en lien étroit avec la Consultation jeunes consommateurs, et le public vulnérable (personnes en insertion, placées sous-main de justice, CHRS, etc.). L’équipe prévention intervient également en milieu festif avec des partenaires de l’addictologie et de la santé sexuelle. Un dernier axe des activités de prévention concerne le milieu de l’entreprise.

L’Adapei 49, association de parents et amis de personnes en situation de handicap mental, gère 30 établissements, services ou dispositifs médico-sociaux au sein du département du Maine-et-Loire. Elle inscrit ses activités dans une dynamique régionale, au sein de l’Unapei Pays de la Loire et dans le mouvement national porté par l’Unapei. Elle compte notamment 3 entreprises adaptées (EA), employant environ 200 ouvriers encadrés par 33 personnes, et 5 établissements et services d’aide par le travail (ESAT) accueillant 293 travailleurs en situation de handicap (données 2019). Un fort pourcentage des travailleurs accompagnés présente une déficience intellectuelle moyenne ou légère. L’association accompagne également des personnes en situation de handicap psychique. Il est important de préciser que de nombreux travailleurs, dont la déficience principale est une déficience intellectuelle, présentent en général des pathologies associées

Contexte

En 2018, l’ARS Pays de la Loire relaie à ALiA l’appel à projets du Fonds de lutte contre le tabac et l’invite à déposer un projet dans ce cadre. Le calendrier est très serré : l’association n’a à l’époque que quelques semaines pour se positionner, construire un projet et le déposer.

ALiA accueille cette idée favorablement ; l’association souhaite développer des projets autour de la thématique tabac.

L’idée de déposer un projet en partenariat avec un autre acteur est arrivée rapidement. Le directeur de l’Association AliA avait par le passé travaillé au sein d’une structure accompagnant des personnes en situation de handicap et était donc bien au fait des différents besoins. Il a ainsi proposé de travailler en partenariat avec l’Adapei 49 pour répondre à l’appel à projet. En effet, ce partenariat correspond pour ALiA au souhait de mener des actions de prévention auprès de personnes en situation de handicap, public peu présent au CSAPA et vers lesquels peu d’actions de prévention étaient à l’époque organisées.

Cette idée a rapidement rencontré un écho favorable au sein de l’ADAPEI 49, ce projet s’inscrivant alors dans le souhait de développer les actions de prévention et d’éducation pour la santé au sein des établissements.

Objectif

Avec ce projet « ESAT ta clope », il s’agit d’aller vers les personnes en situation de handicap travaillant en ESAT et en entreprise adaptée (EA) gérées par l’Adapei 49 et de leur proposer des actions d’information et de sensibilisation autour des enjeux du tabagisme. Le projet concerne également le personnel encadrant de ces structures. Il s’appuie sur un fort niveau de sensibilisation des travailleurs et des accompagnants afin de diffuser une culture du non usage du tabac au sein de ces structures.

Principaux acteurs et partenaires

ALiA et l’Adapei 49, principaux partenaires du projet, ont connu leur première collaboration grâce au projet « Esat ta clope »[1]. Cela a correspondu pour les deux partenaires à une nouvelle expérience de répondre ensemble à un appel à projets.

Un des autres acteurs importants du projet est la Structure Régional d’Appui et d’Expertise en Addictologie (SRAE), dispositif mis en œuvre et financé par l’Agence Régionale de Santé des Pays de la Loire pour accompagner et renforcer les structures investies dans le champs de l’Addictologie. Une chargée de mission de la SRAE a apporté un appui méthodologique aux deux partenaires du projet et siégé également au Comité de pilotage. Elle a notamment aidé à la définition des indicateurs du projet, a apporté son soutien dans la recherche d’outils existants (questionnaires par exemple) et a assuré le lien avec l’ARS.

Calendrier

Le calendrier a été fortement marqué par la crise sanitaire liée à la COVID 19 : les activités d’information et de sensibilisation en EA et ESAT ont ainsi été reportées de presque une année par rapport au calendrier prévu. Il est donc toujours en cours au moment de la rédaction de cette fiche de capitalisation.

Principaux éléments saillants

Élaboration du projet et construction du partenariat

Le projet ESAT ta clope est ainsi né de la rencontre entre deux partenaires qui n’avaient jamais travaillé ensemble auparavant. Il a donc été nécessaire de programmer rapidement des temps de rencontre afin de comprendre les objectifs et enjeux de chaque structure et de définir la meilleure répartition des rôles pour le projet.

Au moment de la construction de la méthodologie, en septembre 2018, une première réunion a été organisée afin de prendre le temps de l’interconnaissance. Lors de cette réunion, il s’est agi de partager les activités et spécificités de chaque structure, les équipes, les différents lieux de travail sur le département, etc.

Pour ALiA, non spécialisé dans le champs du handicap, cette réunion a permis de bien comprendre les différents établissements, services et dispositifs de l’Adapei 49.

C’est lors de cet échange que l’Adapei 49 a proposé de travailler sur le périmètre EA et ESAT, un public adulte. Ce type d’établissements et de publics semblaient en effet les plus intéressants au regard des perceptions qu’avait l’Adapei 49 du tabagisme chez les travailleurs et leur encadrement. De plus, aucune action de prévention tabac n’avait jusqu’alors été menée dans ces établissements. Le choix du titre est alors apparu « comme une fulgurance » au Directeur d’ALiA : « ESAT, Ta clope ».

ALiA s’est ensuite chargée de construire une première version du projet qui a été finalisée grâce à divers allers retours entre les référentes des deux structures, Mmes Simon et Auriau et le Directeur d’ALiA. Les échanges ont été très fluides, dans l’interaction et la proximité, en complémentarité.

La construction du projet s’est fondée sur trois principaux partis pris:

– Adapter la démarche et les outils de prévention aux attentes et spécificités des publics des différents types d’établissements

– Développer un langage et une culture communs en addictologie auprès des travailleurs, de leur famille et de leur encadrement

– S’appuyer sur le soutien de professionnels relais dans la mise en œuvre des actions de prévention au sein des établissements 

Malgré une échéance très proche, les deux partenaires ont su tirer parti de leur complémentarité pour déposer un projet qui fut validé en intégralité par l’ARS Pays de la Loire en novembre 2018. Le projet pouvait alors être lancé.

Modalités de collaboration entre les deux partenaires

Une première réunion du Comité de pilotage pour cadrer le projet

Les deux partenaires avaient disposé d’un temps très court pour préparer leur réponse à l’appel à projet du Fonds de lutte contre le tabac. Aussi, il était nécessaire d’organiser une réunion de cadrage avec les acteurs clés afin d’affiner la démarche et de l’adapter aux réalités des établissements visés.

Ce premier Comité de pilotage du projet s’est tenu en mars 2019. Etaient présents, notamment, les directeurs des Pôles EA et ESAT de l’Adapei 49. Cette réunion a été l’occasion de partager dans le détail les spécificités d’organisation, notamment en ce qui concerne les ressources humaines, de ces deux types d’établissement. Il a été notamment constaté une moins grande souplesse en EA (moins de temps pour les activités de prévention en raison de la forte activité économique).

De plus, les ESAT comptent dans leurs effectifs du personnel dédié à l’accompagnement social et médico-social des travailleurs, les Chargées de formation sociale, rapidement identifiées comme de possibles professionnelles relais. Ce n’est pas le cas en EA. En effet les ESAT sont des établissements médico-sociaux dont le personnel handicapé a une capacité réduite au travail. A contrario les EA sont des entreprises d’utilité sociale, ayant une obligation d’employer 80 % de travailleurs handicapés, elles sont régies par le code du travail.

Au sein des ESAT de l’Adapei 49, les Chargées de formation sociale travaillent en relation éducative avec les travailleurs et en lien avec les moniteurs d’ateliers pour permettre le développement des compétences liées à l’activité professionnelle. Elles construisent et évaluent les actions de formation et informent et conseillent les travailleurs dans la gestion de leur vie quotidienne. Elles sont également impliquées dans la construction et le suivi des projets personnalisés et à la réflexion transversale sur la vie des établissements.  

Le Comité de pilotage a rapidement décidé de travailler à une adaptation de la méthode à chacun des deux Pôles. Par ailleurs, il a été partagé le fait que chaque établissement concerné par le projet avait une activité interne très soutenue et que le temps disponible pour des activités de prévention était très limité. Il fallait donc tenir compte de cet état de fait dans la construction du calendrier du projet.

Les échanges ont également porté lors de cette réunion sur les consommations de tabac dans les différents établissements : il a été confirmé à cette occasion qu’il existait des fumeurs dans les différentes structures avec certaines problématiques addictives. Les acteurs n’avaient cependant à l’époque pas de vision précise du nombre de personnes concernées.

« On a eu besoin de temps avec les directeurs des Pôles EA et ESAT pour se connaître, pour s’apprivoiser les uns les autres. Finalement, ce projet, il est aussi à l’image de notre façon de fonctionner, c’est à dire qu’on ne va pas être directifs avec les structures avec lesquelles on travaille, on va prendre le temps, être dans la co-construction. »

Gwénaëlle SIMON, Coordinatrice de la formation, de la prévention vers les adultes et du développement partenarial d’ALiA

La réalisation en quelques mois d’un état des lieux des consommations dans les établissements

Il a ainsi été rapidement décidé de réaliser un état des lieux, auprès des travailleurs comme de l’encadrement et des aidants quant à leurs consommations de tabac, pour objectiver les impressions remontées par les Pôles EA et ESAT. Il a alors été suggéré par l’Adapei 49 de construire une affiche d’information et d’un questionnaire en Facile à Lire et à Comprendre (FALC) afin d’objectiver la consommation de tabac dans les établissements.

La complémentarité entre les deux partenaires a fait ses preuves dans cet exercice : l’Adapei 49 avait l’habitude de développer des outils en FALC et ALiA de concevoir des outils de prévention[2]. De nombreux allers-retours entre les deux structures ont permis de construire un questionnaire adapté au public concerné.

Le temps du diagnostic a été long, en raison d’un manque important de disponibilité des professionnels d’EA et d’ESAT. Afin de répondre à cette difficulté, le chargé de prévention d’ALiA est allé à la rencontre de chaque établissement pour présenter le projet, échanger avec les travailleurs et les accompagnants et distribuer les questionnaires. Cette démarche a permis de bien expliquer les tenants et aboutissants de la démarche. Ainsi, tous les acteurs concernés ont entendu au moins une fois parler du projet.


Les résultats du diagnostic ont été disponibles en juin 2020 : 205 personnes ont rempli le questionnaire en ESAT et 170 en EA. Le taux de réponse au questionnaire était inégal selon les établissements.

Il a été constaté que le nombre de fumeurs quotidiens était moins important qu’imaginé au départ parmi les travailleurs, avec cependant une différence importante entre ESAT (16%) et EA ( 27%)[3]. Par ailleurs, tous les fumeurs ne se sont pas déclarés prêts à s’engager dans une démarche et une réflexion autour de leur consommation de tabac.

« On a bien vu que dans les retours, ils étaient peu nombreux à vouloir échanger sur leurs consommations. Donc il a fallu faire alliance avant de pouvoir proposer ces échanges. Parce que la représentation qu’ils peuvent avoir de quelqu’un qui vient parler tabac : « c’est pour me dire que ce n’est pas bien, que je vais mourir… je n’ai pas envie de ça ». Il est nécessaire de venir travailler ce point et d’enlever cette image du soignant qui va venir dire que c’est mal, l’échange va plutôt se faire autour de la place que prend le produit dans la vie, à quoi il répond, etc.. »  

Gwénaëlle SIMON, Coordinatrice de la formation, de la prévention vers les adultes et du développement partenarial d’ALiA

Ces résultats, ainsi qu’une compréhension plus fine des spécificités de chaque établissement, ont impacté le programme d’action envisagé au départ.

Dans le cadre d’un point d’avancement organisé avec l’ARS en janvier 2020, les porteurs du projet ont partagé le constat que d’autres conduites addictives étaient présentes dans les établissements impliqués, notamment en ce qui concerne l’alcool et les écrans. Ces comportements avaient de plus un impact sur l’activité des travailleurs au sein des établissements, ce qui n’est pas le cas du tabac. Aussi, tout en maintenant le principe que le tabac reste la porte d’entrée pour aborder la question des addictions au sein des établissements impliqués dans le projet, il a été accepté par l’ARS d’élargir le projet à ces autres thématiques.

Une adaptation aux spécificités des EA et des ESAT

Des rencontres spécifiques à chaque Pôle ont alors été organisées, avec les directeurs des Pôles et leurs équipes, afin de voir ensemble comment adapter au mieux la démarche aux spécificités et aux contraintes liées aux activités et à l’organisation des EA et des ESAT. En particulier, il a été tout d’abord prévu de mener les activités en ESAT, puis en EA.

Concernant les ESAT, il a été décidé, à la suite du diagnostic, de mettre en œuvre les activités suivantes :

  • Une demi-journée de sensibilisation auprès de l’ensemble des professionnels des ESAT
  • Une journée de formation pour les Chargés de formation sociale sur le repérage précoce et l’intervention brève (RPIB) en tabacologie
  • L’organisation d’ateliers par site au printemps 2021

Pour les EA, les activités[4] nouvellement définies ont été les suivantes :

  • Formation de deux personnes par site
  • Organisation d’ateliers par site, à l’automne 2021 et proposition de consultations de tabacologie

Une co-construction et une coanimation des ateliers en ESAT

La journée de formation, organisée en janvier 2021 a permis de travailler sur le cadre de la mission des Chargées de formation sociale. En effet, celles-ci ne se sentaient pas forcément légitimes pour aborder des questions de prévention avec les travailleurs.

L’autre difficulté a été de gérer le fait que ces professionnels n’étaient pas au départ volontaires pour suivre cette formation. Il a ainsi fallu les convaincre de leur intérêt de participer à cette journée. Enfin, il a été constaté que le vocabulaire utilisé (RPIB) pouvait être vu comme trop technique : les messages ont ainsi été simplifiés et il a été décidé pour les prochaines fois de mettre en avant dans un premier temps les mises en pratiques plutôt que les apports théoriques. 

Pour chaque ESAT, trois ateliers ont été organisés avec des groupes de 8 personnes, à compter de mars 2021 :

  • Le premier pour partager des informations autour du tabac
  • Le second pour échanger autour des freins et des motivations à l’arrêt et proposer un temps de relaxation.
  • Le troisième pour échanger sur les situations individuelles de chacun et voir ensemble s’il est souhaité un accompagnement et comment le mettre en place (consultation infirmière tabacologue, CSAPA, hôpital, médecin de ville, etc.). Lors de cet atelier, le rôle des Chargés de formation sociale est rappelé en matière d’aide à l’orientation vers des acteurs ressources.

Ces ateliers ont été coconstruits avec les Chargées de formation sociale et coanimés par ces dernières et le Chargé de prévention d’ALiA. Par exemple, un photolangage adapté aux personnes en situation de handicap a été créé, une réflexion a été menée sur les temps de pause pour les adapter aux besoins des participants, des échanges ont porté sur le lien entre arrêt du tabac et risque de prise de poids (sujet identifié comme inquiétant pour les participants), etc.

Des outils d’aide à l’arrêt ont également été présentés dans le cadre des ateliers, comme les patchs ou le matériel de vapotage en tant qu’outil de réduction des risques. Les autres consommations, principalement l’alcool et les écrans, ont été abordées pendant les échanges tout au long des trois jours d’atelier.

Si un travailleur ou un encadrant n’a pas souhaité participer à un atelier de groupe, un entretien individuel sur site avec une infirmière tabacologue a été proposé. Enfin, dans les établissements où le nombre de personnes intéressées était plus limité, des démarches plus individualisées ont pu être proposées.

Principaux enseignements

En raison de la situation sanitaire, le projet a pris du retard et les résultats en matière d’impacts ne sont pas encore disponibles. Cependant, divers constats peuvent d’ores et déjà être partagés.

Résultats observés pour les usagers des établissements de l’Adapei 49

En ce qui concerne les usagers de l’Adapei 49, il a été constaté que plusieurs d’entre eux, à la suite des divers échanges avec l’équipe prévention d’ALiA, se sont présentés d’eux-mêmes dans les CSAPA de l’association pour des suivis individuels. Grâce à une communication en interne, les professionnels des CSAPA ont pu faire le lien avec le profil de ces usagers et le projet « ESAT ta clope » : ainsi, le travail de sensibilisation et d’information mené par l’équipe de prévention a pu encourager ces personnes à aller d’elles-mêmes chercher le soutien dont elles avaient besoin.

« C’est plus porteur pour les gens qu’on accompagne que ce soit des acteurs de l’extérieur qui interviennent. Cela a permis de découvrir ALiA comme un nouvel interlocuteur. Ils peuvent tout à fait s’adresser à ALiA sans même que l’Adapei 49 le sache. L’idée c’est ainsi de mettre le doigt sur un comportement addictif dont la personne ne parlerait pas, ou ne saurait pas avec qui en parler et de lui faire découvrir quelqu’un avec qui ils peuvent échanger. L’idée, dans une dimension d’autodétermination, c’est de faire en sorte que chaque personne soit suffisamment informée pour prendre ses propres décisions pour sa santé. »

Annabel Auriau, responsable qualité de l’Adapei 49

Résultats observés pour les activités de prévention d’ALiA

Ce projet représente pour le Pôle prévention d’ALiA une évolution dans sa manière de construire ses actions. En effet, cette première expérience partenariale ayant été concluante, l’équipe prévention, et, plus globalement, l’association, envisage de fonctionner de plus en plus en réponse à des appels à projet et d’intégrer cette logique de construction de projet dans ses activités quotidiennes. Par exemple, chaque rencontre d’un nouveau partenaire (dans le cadre d’une réunion, d’un congrès, etc.) est vue désormais comme une possible occasion de développer un nouveau projet. Ceci implique d’organiser plus de temps d’échanges, entre le Pôle prévention et les autres Pôles en particulier, et contribue ainsi à plus de communication entre les équipes.

Le projet a également confirmé à ALiA qu’elle pouvait mener des actions de prévention auprès de publics nouveaux, comme les personnes en situation de handicap dans le cas présent. Depuis, l’association a développé des interventions de prévention auprès de personnes migrantes non francophones, là aussi en créant ad hoc des outils adaptés. Le projet « Esat ta clope » a ainsi entrainé une évolution très intéressante dans les activités du Pôle prévention d’ALiA.

Difficultés rencontrées relatives au calendrier du projet

On peut le constater, le calendrier du projet a été quelque peu retardé. Plusieurs enseignements peuvent être tirés de ces difficultés.

Le projet « Esat ta clope » a bénéficié d’un soutien institutionnel très fort : les directeurs des deux structures partenaires étaient en effet dès le départ très impliqués. Cependant, ce soutien institutionnel ne suffit pas. Il est en effet majeur d’ancrer également le projet dans les équipes concernées, ici les professionnels des EA et ESAT. Avec le recul, l’équipe prévention d’ALia serait, dès la validation du projet par l’ARS, allé rencontrer les équipes dans les structures pour les embarquer dans la démarche.

Le temps total dédié au projet du côté d’ALia est limité à seulement 0,2 ETP d’un chargé de prévention, et ce temps pouvait au départ être dilué parmi d’autres activités. Il a été décidé au bout de quelques mois de dédier une journée fixe par semaine à ce projet afin de permettre au chargé de prévention de se concentrer sur l’avancée du projet et, notamment, d’aller à la rencontre des acteurs sur les différents sites.

Il aurait été intéressant d’associer les usagers et leurs encadrants dès le début du projet afin d’échanger avec eux sur leurs attentes et d’adapter les étapes de la démarche à leurs besoins. L’Adapei 49 aurait également souhaité mobiliser les familles.

Il est très difficile de trouver des dates pour les interventions dans les établissements, encore une fois en raison de l’activité économique qui reste prioritaire en ESAT et en EA. Après quelques mois, ALiA a construit et partagé une feuille de route détaillée et été plus proactive dans la proposition de dates, ce qui a permis de mieux faire avancer les choses selon les échéances fixées.

Modalités d’action

Le schéma ci-dessous présente en synthèse les actions développées dans le cadre du programme PAST, afin de mettre en exergue leur contribution aux cinq axes de la promotion de la santé définis par la charte d’Ottawa.


[1] Les modalités de cette collaboration sont décrites dans la partie « principaux éléments saillants ».

[2] Les partenaires ont pu s’inspirer des travaux menés par Santé BD sur le tabac : https://santebd.org/les-fiches-santebd/cancer/ma-sante-et-le-tabac

[3] En région Pays de la Loire, la part des personnes de plus de 18 ans fumant quotidien représente 23%

[4] Ces activités n’ayant pas encore eu lieu au moment des entretiens, elles ne sont pas décrites plus avant dans cette fiche de capitalisation